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Pirates ou Corsaire ? 12 janvier 2014, 04:06 Dans le monde des flibustiers, il…

dimanche 12 janvier 2014

Pirates ou Corsaire ?
12 janvier 2014, 04:06

Dans le monde des flibustiers, il y avait une grande différence entre les "Pirates" et les "Corsaires". Les "Pirates" agissaient pour eux, et les "Corsaires" pillaient au service de leur commanditaire - qui étaient d'ailleurs leur propre gouvernement - qui redistribuait ensuite une petite part aux pilleurs…
Si j'étends cette métaphore au monde de l'édition, je suis aussi un "corsaire" numérique, et j'aimerais que tout le monde le devienne…

Depuis 2008 précisément et un peu avant, je me suis intéressé à la publication numérique. J'ai d'ailleurs écris quelques articles dessus :
- "La BD numérique…réflexions" => http://www.facebook.com/notes/manù-aquarelle/la-bd-numériqueréflexions/10151126220376441
- "Etre ou ne pas être un numérique !" => http://www.facebook.com/notes/manù-aquarelle/etre-ou-ne-pas-être-un-numérique-/10151370395886441
- "Les médiathèques deviendront-elles des musées de la culture ?" => http://www.facebook.com/notes/manù-aquarelle/les-médiathèques-deviendront-elles-des-musées-de-la-culture/10151088497461441
Et j'ai même fait un site où je proposais une bonne partie de mes oeuvres en "complet" ou en "lite" pour les possesseurs d'i-phone.
Avant de réaliser toutes ces choses, je me suis plongé dedans en agissant comme un pirate lambda. Alors, j'ai téléchargé tout ce que je pouvais trouver comme production en art narratif. Je suis donc allé sur pas mal de blogs et sites qui proposent des séries en "streaming" et j'ai tout "maté" pour arriver enfin à cette simple conclusion : "mais quel est l'intérêt de pirater au final ?".
Bon, d'abord économique, ça c'est indéniable, mais au-delà de ça ?
Un véritable lecteur, ne peut pas rester des heures devant un écran, quel que soit son format. On n'a pas la même concentration et le temps de concentration entre un support papier et un support numérique. D'ailleurs je défie quiconque de lire d'un seul coup les 2 tomes "le secret de l'espadon" sur une tablette 7 pouces…
Mais évidement je pars de l'hypothèse que le fichier source n'est qu'un simple CBR ou PDF…
Pour l'instant - et sauf si je m'y suis mal pris - je n'ai pas vu de "bd dynamique" réalisée à partir de bd sur support papier en téléchargement pirate ( peut-être ne suis-je pas allé sur les bons "canaux de distributions"…) qui pourrait être un "plus" pour le lecteur.
Alors, je base mes "recherches" et constatations uniquement sur les fichiers pirates en CBR et PDF et au final, c'est peu agréable de les lire, du moins pour la BD dites "franco belge", les mangas et comics s'en sortant "bien mieux".
Du coup on arrive à cette équation :
lectorat = envie de lire + facilité de lecture + fichier adapté au support le tout en fonction de l'âge du lecteur multiplié par le coût du fichier…
Que reste-t-il au bout ? Pas grand chose pour une grande majorité d'oeuvre…
A quoi sert donc le piratage du coup ?
-A faire ce qu'on a pas envie de faire comme prendre nos oeuvres et les scanner pour les avoir avec soi quand on voyage par exemple…
-A découvrir ou à redécouvrir un auteur car soit le titre a disparu des rayons des libraires, soit ça permet de lire - difficilement je le rappelle - un album pour le découvrir et si il plait, l'acheter sur support papier…
-A se cultiver tout simplement, en téléchargant au hasard un titre ou une série, la lire - ou juste regarder les images - et la détruire enfin… Mais entre-temps, le "lecteur" se sera "cultivé" en découvrant l'oeuvre d'un ou plusieurs artistes…
Et c'est bien là que je pense que le mot "piratage" est mal approprié, car c'est plutôt du "partage" même de "l'hommage" que totalement du "piratage".
Alors, certes, sur 1 000 téléchargements pirates ( entre 5 - 30 maximum en réalité ) nos "chers" - dans tous les sens du termes ! - éditeurs ne touchent rien et donc nous, auteurs, encore moins…Toutefois il faut relativiser. Pour certains auteurs et séries ( Asterix, XIII, Blake & Mortimer, Lou etc… ) ça leur fera quelques bouteilles de grands vins en moins dans leurs caves, mais pour un auteur lambda comme moi ce sera plus une façon de faire connaitre un peu plus mon travail et pourquoi pas une sorte d'hommage que de rater 10€ de droits…

En conclusion, je ne dirais qu'une chose : en tant que petit auteur en art narratif, je veux bien partager mes oeuvres et même, pourquoi pas fabriquer le fichier source, avec, au besoin, une rémunération via une ou plusieurs incrustation de pub, et ce pour faire connaitre mon travail au plus grand nombre et éventuellement permettre à mon "cher éditeur" et à moi de vendre plus de bouquin papier, à condition, bien évidement qu'il eu été édité convenablement. Par cette façon je couperais une bonne partie du piratage en transformant lesdits pirates en corsaires…
Tout le monde est et sera gagnant face à une crise économique et sociologique plombant de plus en plus certaines pratiques culturelles. Les lecteurs d'hier restent plus ou moins les acheteurs d'aujourd'hui. A nous, vecteurs de la culture d'aller vers les nouveaux lecteurs de demain en se rapprochant d'eux et en faisant notre, leurs pratiques culturelles.

© Manù 2014

( Petit long commentaire écrit pour "bdz mag" spécial piratage )


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