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Pierre Ouin, Ze hommage

mardi 12 janvier 2016, par BDZMag

Le 28 janvier, nous allons diffuser une intégrale de Bloodi avec l’accord de la famille de Pierre Ouin. Il y aura plein de bonus, photos et textes inédits.
Pourquoi le 28 janvier ?
Tout simplement parce que c’est le premier jour d’Angoulême. Vous savez, ce festival perdu dans la campagne francaise qui n’aime que les auteurs avec des b**** pour son Grand Prix.
Après, ils ont dit qu’ils aimaient tout le monde et qu’on pouvait proposer qui on voulait

ALORS JE PROPOSE PIERRE OUIN POUR LE GRAND PRIX !!!!

Voici donc un hommage à Pierre Ouin et sa vie d’artiste, le plus complet possible. J’espère qu’il vous plaira.



Pierre Ouin, né le 31 mars 1960 et mort le 10 novembre 2015, est un auteur de bande dessinée français.

Il crée en 1975 avec Benoît Baume (Benito), et Philippe Bernard (Bébé Rose), le fanzine Crapaud baveux qui s’intitulera ensuite Krapaud Baveux, puis Krapö et enfin Krapö ?. En 1979, Max les rejoint. Le fanzine publie Mezzo dès 1977 (sous son vrai nom de "Mesenburg"), et, au gré des 9 numéros parus jusqu’en septembre 1979, Ben Radis, Marc Bati, Imagex, Liberatore et Caro. Il fait entrer la bande dessinée dans l’ère punk : récits violents et sordides, qui s’accompagnent d’un goût pour les happenings « choc », notamment au festival d’Angoulême en 1978.

À partir de 1981, comme son ami Max, il intègre Métal Hurlant et participe activement à la vie du journal et à ses émanations, Rigolo ! (animé par Philippe Manœuvre), et Métal (Hurlant) Aventure (dirigé par Jean-Luc Fromental). Il sera présent jusqu’à la fin du magazine Métal Hurlant en juillet 1987. Ensuite, à partir de 1989, on le retrouvera régulièrement au sommaire du Psikopat de Paul Carali. il participe à de nombreuses revues majeures de l’underground français comme Viper, Le Lynx ou Flag. Il participe aussi au journal ASUD (Auto-support parmi les usagers de drogues).

Il a également lettré plusieurs ouvrages (pour les éditions Tête Rock Underground et Çà et là) et illustré régulièrement les jeux de Picsou magazine.

Son personnage fétiche, Bloodi, est un punk junkie qui vit avec Riquette, une ratte aux formes généreuses.
Source wikipédia

Pierre Ouin (1960-2015) : une bibliographie (cliquez pour lire l’article)

Le 10 novembre dernier est mort Pierre Ouin, dessinateur de la scène punk-underground-fanzinesque des années 1980. Plusieurs sites spécialisés lui ont rendu hommage. Par goût de la compilation érudite, mon hommage passe l’élaboration de cette tentative bibliographique.

Notice biographique :

Annoncé par sa soeur Béatrice Ouin et par un communiqué de l’association ASUD, la mort de Pierre Ouin le 10 novembre 2015 a fait remonter à la surface la personnalité de ce dessinateur un peu oublié. Je vous renvoie à sa notice Wikipedia pour plus de détails sur sa carrière, ou aux différentes nécrologie des sites spécialisées (Bodoï, Actualitté).

Pierre Ouin y est présenté comme une figure importante de la bande dessinée underground française de la fin des années 1970 et les années 1980. Par son univers urbain de drogués et de paumés, par son trait radical et violent (qui s’arrondira avec le temps), il traduit en bande dessinée l’esprit punk de ce moment culturel où le rêve psychédélique des années 1960-1970 se transforme en cauchemar nihiliste. Il crée en 1977 le personnage de Bloodi, junkie à la fois pathétique et sympathique, dont les aventures sont, dit-il, inspirées de sa propre expérience de la rue.

pierre-ouin_saggay1_1990

Pin’s édité par Saggay et diffusé par Le Psikopat représentant Bloodi, personnage fétiche de Pierre Ouin (vers 1990)

L’oeuvre de Pierre Ouin est quantitativement limitée mais significative d’une période de la bande dessinée cruciale pour l’éclosion de l’édition alternative des années 1990. Ouin est particulièrement actif dans le monde du fanzinat et graphzinat des années 1970 et 1980 (Viper, Zoulou, Le Lynx à tifs, Le Psikopat). D’où une production éclatée, loin des circuits de l’édition mainstream, loin aussi du tournant de l’album et du roman graphique, fidèle à un certain idéal d’auto-édition et de publication libre et spontanée. Ainsi, Ouin s’auto-édite (en animant Le Krapö Baveux, dont l’orthographe varie, en 1977, mais aussi dans les années 2010 via le Web) et participe à des fanzines-happenings (Flag, lors des Festivals d’Angoulême). C’est par sa collaboration avec la maison d’édition Les Humanoïdes Associés tout au long des années 1980 qu’il sort d’une certaine confidentialité : dans Métal Hurlant et ses dérivés (Rigolo, Métal Aventure), et par des albums comme autant de tentatives avortées de sérialisation de sa production (Bloodi, Artie Show et Cob Cobbie, Pat Couille).

Depuis ces vingt dernières années, sa présence éditoriale s’est déployée dans quatre directions : des travaux de lettrage (aux éditions Ça et Là), des illustrations dans la presse et l’édition pour la jeunesse (Fripounet, Perlin, Picsou Magazine…), une participation à la presse associative, en particulier dans ASUD Journal (Auto-Support des Usagers de Drogue) dont Bloodi était devenu la mascotte, et enfin, une fidélité certaine au monde du fanzinat. Il est frappant de constater que, dans les années 1990, 2000 et 2010, il aura conservé des liens forts avec la bande dessinée underground et la scène alternative contemporaine (Flag, Chacal Puant, Flag, Gorgonzola).

 

Explorer la bibliographie de Pierre Ouin revient finalement à s’intéresser à une face souterraine de « l’industrie » de la bande dessinée, faite de fanzinats, de publication confidentielle, d’auto-édition et de travaux publicitaires et associatifs. Cette part méconnue, à la limite entre création amateur et professionnelle, aurait intérêt à remonter à la surface car elle est souvent un modèle de radicalité graphique.

La compilation suivante a été réalisée à partir des bases de données et sites ci-dessous. Un grand merci au travail des créateurs de ces catalogues !

 

http://catalogue.bnf.fr

http://bdoubliees.com

http://www.bulledair.com

http://www.graphzines.net

http://fanzinot…

http://www.bede…

 

N’ayant pas toujours été réalisée document en main, elle ne prétend pas être parfaitement exhaustive et j’invite mes lecteurs à m’apporter toutes les précisions complémentaires dont ils disposent.

Sur la bande dessinée punk des années 1980, on consultera à profit le premier numéro de la récente revue Distorsion Shock qui y consacre un article.

 

1. Revues et fanzines

 

1.1. Bandes dessinées dans revues et fanzines

 

Le Krapö Baveux, éditions de la Seringue, 1977 à 1979, ISSN : 0181-5717

n°1 : « Les Débuts difficiles de Nosferacula » ; « Fable Express » (dessin de Philippe Bernard) ; « Nosferacula » ; « Paris by night »

n°2 : « Les vieux clichés » ; « Nosferacula » ; « A armes égales » (avec Philippe Bernard) ; « Une soirée au cirque »

n°3

n°5 : « Cette foi, ça y est ! »

n°6

n°7 : « Last exit : hell » ; Funckin’ junk » ; « Strip de Dany » ; « Pappermint twist »

n°8 : « Phelch Phunnies » (scénario de Bébé Rose, Pinouze, William G. Snout) ; « Drive in : papa sait tout !!! » ; « Bobby Boogie »

n°9

 

L’Echo des savanes, 1981 à 1982, ISSN : 0399-5259

n°83 : « Artie Show et Cob Cobbie : Belle prise » (avec Marine Rosier)

n°84 : « Artie Show et Cob Cobbie : Overdose à Joker-city ! » (avec Marine Rosier)

 

Viper, Sinsemilia éditions, 1982 à 1983, ISSN : 0292-7748

n°2 : « Elle m’a sucé la tête cette salope » ; « Sid Kid » ;

n°3 : « White blood »*

n°4 : « La malédiction des Malos »*

n°5 : « L’hiver au chaud »*

n°6 : « Bloodi se défonce »*

n°7 : « Sexe & drogues & ah ouais merde y’a pas trop d’rock’n’roll… »*

n°9 : « 1984, année d’arnaque » ; « Quel enculé ce Luigi ! »

n°11 : » Same player shot again ! »

 

Métal Hurlant, éditions des Humanoïdes Associés, 1982 à 1987, ISSN : 0336-4747

n°77 : « Lili Pute : l’embrouilleuse »

n°79 : « Artie Show et Cob Cobbie : les îlots de la peur »

n°73bis (spécial Rock) : « C’est le week-end » (avec Marine Rosier et Perramon)

n°81bis (spécial animaux) : « Putain de squales » (avec Marine Rosier)

n°83-84 : « Artie Show et Cob Cobbie : Artie contre Arties »

n°83bis (spécial Rock 83) : « Homph craak kroak rock’n’rol » (avec Marine Rosier)

n°88bis (spécial amours d’été) : « Insulinawa atoll d’amour » (avec Max)

n°98 : « Rip Rip »

n°100 : « Le centième distroy » (avec Max et Charlie Schlingo)

n°102 : « Marathon man »

n°107-108 : « L’heure des rongeurs »

n°112bis (métal humour) : « Les vacances de Ravi »

n°114 : « Halte à la drogue »

n°119-120 : « Viva la revolucion »

n°121 : « Si tous les gars du quartier voulaient bien me prêter 10 sacs »

n°124 : « Klondike »

n°128 : « Pat Couille et les péripatéticiennes »

n°130 : « Pat Couille : Escalope avec une belle salade »

n°133 : « Les indiens avaient–ils de grosses b… »

 

Rigolo !, éditions des Humanoïdes Associés, 1983-1987, ISSN : 0756-5771

ouin_rigolo_1984

n°1 : « She’s my wife, she’s my life ragnagna etcetera » [bloodi] ; « Le placard infernal » (avec Marine Rosier)

n°4 : « Les gangs se terrent » [bloodi]

n°6 : « Souk romance »

n°7 : « Bloodis chope la grosse tête »

n°8 : « Garage land » (avec Max)

n°9 : « Tu fais chier Bloodis ! » (avec Marine Rosier)

n°10 : « Touche pas au grizbi » (avec Marine Rosier)

n°11 : « Bloodis–le–fou » (avec Marine Rosier)

n°12 : « Fais moi des vacances »

n°13 : « Richard Antez : Panade aux olympiades » (avec Dodo, Ben Radis et Max) ; « L’homme qui fuyait les femmes »

 

Métal Aventure, éditions des Humanoïdes Associés, 1984, ISSN : 0759-1918

n°7 : « Stoned comme les rocheuses » (avec Marine Rosier)

n°10 : « Zi adventure of Little BigCock at little Big Horn » (avec Marine Rosier)

 

Zoulou, Zoulou éditions, 1984, ISSN : 0762-6738

n°1 : « Télé & Bloodi vont au Squatte »*

 

Le Lynx à tifs, éditions AANAL, 1986, ISSN : 0751-2406

n°7 : « Morphine commando » (scénario : Mario Gioiosa)

 

Domino Comix, 1986

n°1

 

Bloodi Rock, Bloodi Rock (Philippe Jaumet), 1986 à 1989

n°1 à 3

 

Rip off comics, Rip Off Press (Canada), 1987

n°15

n°22

 

Séduction, éditions les candides boys, 1987

n°4 : « Le bout du tunnel » (avec Zou)

 

Le Psikopat, éditions du Zébu, 1989 (3e série), ISSN : 1299-8044

n°1

 

Flag, éditions Thé Troc, n°1 à 9, 1990 à 1992

ouin_flag_1992

n°1 : « Ça colle » (avec Géant Vert)

n°2 : « Viol à la tire ! »

n°3 : « Cayenne » ; « Bloodi & Violante : Le Blouson »*

n°4 : « Ça va pas, non ? » ; » Léon fonce à Lyon dans son gros camion »

n°5 :  ??

n°6 : « Le Cœur sur la main »*

n°7 : « Faim de toi »

n°8 : » Le Bilbocul » ; « Prosélytisme à Paulo »*

n°9 : « Rue blanche »*

 

Chacal Puant, éditions Chacal Puant, 1992

n°5

 

Racaille, éditions Rackham, 1992

n°1 : « Cayenne » (avec Arno)

 

La Purée, l’Amicale des Amis, 1999

n°1, 3 et 4

 

Gorgonzola, éditions l’Egouttoir, 2006 et 2012, ISSN : 2105-6102

n°7 : « Superstition »

n°18 : « Dossier Viper : Viper »

 

1.2. Illustrations dans revues et fanzines

Illustrations diverses : récits et articles, jeux, culs-de-lampe, gags en une case…

 

Fripounet, Fleurus-Presse [vers 1993], ISSN : 0016-1446

 

Perlin, Fleurus-Press [début années 1990], ISSN : 1164-9526

 

Picsou Magazine, Edi-Monde, [années 2000], ISSN : 0767-807X

 

ASUD Journal, éditions ASUD, 1995-2015, ISSN : 1257-3280 (http://www.asud…)

n°7 à 57

 

Remaides, association AIDES, 1999, ISSN : 1162-0544

n°30

 

Les allumés du Jazz, éditions Les Allumés du Jazz, 2007-2010, ISSN : 1620-9699 (http://www.allu…)

n°20 à 26

 

Illustrations pour l’Institut Régional d’Etudes, de Formation et d’Expertise (IREFE – CFDT) [début des années 2010]

 

Non identifié mais potentiels : Nitro magazine, revue Okaz, dessins pour le Conseil Général du Lot-et-Garonne,

 

1.3. Textes et rédactionnels dans revues et fanzines

La plupart des articles identifiés écrits par Pierre Ouin le sont dans les années 1980 et sont consacrés à l’actualité du rock.

 

Le Krapö Baveux (éditos et articles)

L’Echo des savanes (articles)

Pilote (article)

Rigolo (série d’articles « Rigolorock »)

Flag (articles)

 

Voir aussi : Rock Hardi, éditions Rock Hardi, 1984, ISSN : 0758-4741

n°6, 1984 : « Interviou de Pierre Ouin » par Phil Suspect et Pat Koltar

 

2. Editions livres et albums

 

2.1. Albums et recueils de bandes dessinées

 

Série Bloodi  :

ouin_cest-les-rats_1992

1. Trouve pas l’égout, Les Humanoïdes Associés, coll. « Pied Jaloux », 1983, ISBN : 2-7316-0261-9

2. Bloodi et les rongeurs, Les Humanoïdes Associés, coll. « H. Humour Humanoïde », 1985, ISBN : 2-7316-0372-0

3. C’est les rats !, Éditions du Zébu, 1992, ISBN : 2-908860-04-X

4. Les Rats passent !, Éditions du Zébu, 1995, ISBN : 2-908861-26-7

5. La Ratte qui s’délatte, Le Lézard, 2000, ISBN : 2-910718-26-3

6. Bloodi en shorts… stories, Éditions du Taupinambour, 2010 [recueils de dessins parus dans ASUD et Le Psikopat]

ouin_bloodi-en-short_2010

Intégrales :

Bloodi : les Rongeurs et Trouve pas l’égout, Tête Rock Underground, coll. « Les Stups », 1998, ISBN : 2-911215-03-6 [réédition des albums précédents parus aux Humanoïdes Associés en 1983 et 1985]

 

Albums hors Bloodi :

 

Avec Martine Rosier (scénario), Artie et Cob se les prennent tous, Les Humanoïdes Associés, coll. « H. Humour Humanoïde », 1983, ISBN : 2-7316-0211-2 [recueil des épisodes de Artie Show et Cob Cobbie parus dans l’Echo des savanes et Métal Hurlant]ouin_pat-couille-1986

 

Pat Couille et les Plumwaukuus, Les Humanoïdes Associés, coll. « Humour », 1986, ISBN : 2-7316-0414-X [recueil des épisodes parus dans Métal Hurlant et Métal Aventure]

 

Avec Max (dessin), Fuck, fly and bomb, Futuropolis, coll. « X », 1988, ISBN : 2-7376-5490-4

ouin-max_fuck-fly-bomb_1989

Avec Max (dessin), Suck Korea suck, avec Max, Futuropolis, coll. « X », 1988, ISBN : 2-7376-5696-6

 

 

Participation à des albums collectifs de bande dessinées

 

Zéro de conduite, éditions de la Fédération Française des Motards en Colère, 1989, ISBN : 2-9504134-0-4 (avec : Nicolaz, Bruno Bligoux, Coyote, Frank Margerin)

 

Rouler n’est pas jouer, éditions de la Fédération Française des Motards en Colère, 1993, ISBN : (avec : Nicolaz, François Guerre, Ptiluc, Coyote, Ricardo Esteban, DKO)

 

Comix 2000, L’Association, 2000, (dirigé par Jean-Christophe Menu), ISBN : 2-84414-022-X

 

Fabuleux Furieux – Hommage en Freak Style, Les Requins Marteaux, 2004, ISBN : 2-909590-99-2

 

Tous coupables !, Editions du Faciès-les Cochons Enragés, 2007, ISBN : 978-2-84414-244-3

 

Avec Pixel Vengeur (scénario), Dingo Jack Stories, Même Pas Mal, 2010, ISBN : 978-2-918645-01-6

 

Illustrations de romans

Vincent Ravalec, Ma fille a 14 ans, Librio, 2004, ISBN : 2-29034485-0

 

3. Publication Web

Pierre Ouin a eu trois sites web aux adresses suivantes (désormais fermés) :

http://ouincana… (2006)

http://ouin.num… (2006)

http://ouin.noosblog.fr/ (2006-  ??)

 

Les cinq premiers volumes de la série Bloodi a été mise en ligne gratuitement par Pierre Ouin en 2012 sur BDZ Mag  : https://bdzmag….

Source : Phylacterium.fr
Un grand merci à Mr Petch, que j’adore copier-coller, car finalement que dire après lui ?… Il faut reconnaître que chacun de ses articles est une mine d’informations. Encore une fois merci !



Moins connu pour ses dessins dans la BD jeunesse, Pierre était un grand dessinateur dans cette catégorie. Il a collaboré avec Fripounet, Perlin, Picsou Magazine…



« Avec sa crête, son perfecto et ses converses rouges (ou santiags en option), c’est un peu comme Tintin avec ses pantalons de golf, son Milou changé en rate. Pierre Ouin nous a présenté son punk affamé de drogues en 1995 au n°7. Depuis, avec Asud, il a connu la réduction des risques, un truc un peu contre nature dans le no-future-land. Enfin, on n’est pas très sûr de ce que fait l’animal entre deux parutions, peut-être bien qu’il s’envoie des substances non prescrites par les hôpitaux de Paris. Une rumeur dit que ce farceur aurait fait deux moutards et serait parfaitement clean depuis. Bref, on ne sait pas grand-chose de lui, mais c’est pour ça qu’on l’aime. Steuplé, continue à faire chier le monde Bloodi, il le mérite !
écrit par ASUD, le 17-11-2009
 »


Pour tous les fans de Bloodi et Riquette, la famille de Pierre a décidé de faire de sa page Facebook une page commémorative, chacun pouvant poster photos, dédicaces etc.


BLOODI ??? TU PARLES SI JE LE CONNOIS !!! (cliquez pour lire le texte)

12 janvier 2013, 08:50

bloodi ? tu parles si je le connais ! 30 piges que j’le supporte, 30 balais qu’il me la met profond, 30 barreaux qu’il me la fait a la farine, a l’aspegic, au lactose, au plâtre, a l’arsenic, a la mort aux rats, sans que je soye defoncé une nano-seconde ! je lui ai TOUT donné, a cet empapaouté ;mon compte en banque, mon compte-epargne, l’essentiel de mes rapines, ma pension d’invalide, mon Rémi, mes remboursements secu, ma menue némo, mes gros talbins… tout, je vous dit… je le soupçonne meme d’avoir fait du rentre-dedans a ma meuffe, et pourtant, question radada, il est pourvu, l’enculé du petit-bois fendu de la fente de ta mère la chienne, d’une ratte aux formes délicieuses qui répond parfois au doux blaze de Riquette… un rien casse-bonbons, la ptite ratte n’a qu’une ambition : devenir maÎtresse du monde ET PIS C’EST TOUT, faire disparaitre avec ses jolies ratiches la race humaine de la surface de la terre, et on lui donnera pas tort quand on voit ou quelques siècles d’humanité nous ont conduit… pour en revenir au chacal de service, la, le blood de sinistre mémoire, lui, il s’en tape bien la calebasse de cette humanité maudite,et si vous aviez un rien de culture, vous le sauriez, qu’un savant ouf lui a collé un cerveau de rat dans la chetron, ce qui ne l’empeche pas, l’ignoble, de se bâffrer du rat a tous les repas, pas moins que de l’humain, le foutrecul de putain de bordel papal de cannibale !

j’en ai assez dit sur ce fumier, ce salaud, ce rat passe, cet inutile, ce superflu, cet enculé, ce néfaste ne vaut pas qu’on se fasse perdre un demi-gramme de sueur d’homme a taper des textes abscons, con !

amicalmant a paname, ouin

DROIT DE VOTE (cliquez pour lire le texte)

25 mars 2014, 15:52

Avant, ya une petite poignee d’annees, on avait un roi. c’etait le 16 eme louis et on l’a raccourci, a la grande joie de la populace, et au grand benefice des francais… les grands bourgeois rupins se sont alors emparés du pouvoir et ne l’ont jamais laché, a peu de courtes periodes pres, notamment quand un tyran corse leur a piqué histoire de mettre l’europe a feu et a sang, mais les bougres bourges n’etaient jamais bien loin et ont vite fait reposé leurs sales pattes dessus, au pouvoir, ses armes, sa thune, ses petits (ou grands) fours, ses boissons qui font des bulles, ses plafonds tout en or, ses lustres qui brillent et ses bonniches a emmancher.
le 25 fevrier 1848, les bourgeois reunis en assemblee privee representant la republique, inventent le suffrage universel, masculin, bien sur. Bobonne, tu me sers la soupe et tu me mates la manger 3 pas derriere en torchant les chiarres, mais surtout EN SILENCE !
se font rebalancer aux poubelles de l’histoire pour devenir des avenues (ledru-rollin, hugo, arago, lamartine, alphonse-edouard-georges de mes roupettes…), les bourges, par le neveu du corse qu’ invente une nouvelle constitution, et attendez, vous allez rire (si si), le president se blaze "prince", est elu pour 10 piges par la populace terrifiée conduite aux urnes par les mirlitaires et les curés, et il re-cree Le Sénat, dont les membres sont nommés à vie par le prince, chargé de valider ses décisions et le Corps législatif, qui ne peut ni proposer ni amender les lois, lui, élu au suffrage universel.
on le voit, le sus-dit S.U commencait tres fort… "votez tous, les mecs, c’est useless, mais sinon on vous flingue"
bon, apres quelques barricades, et diverses bagarres de rue, aisement reprimees par nos amis les lardus, on arrive a la troisieme republique, qui fut en gros, vaguement sociale et qui finit avec leon blum, le front popu et l’abolition du suffrage universel par philippe petain et ses petits potes nazis
quatrieme epizode et republique, vla le planqué londonien qui rapplique tout frais repassé dans ses jolis habits de general qu’a jamais combattu, et qui, apres les avoir tondues, accorde le droit de vote aux femmes.
ouf.
on aurait pu croire naîvement que les meufs etant, de tout temps, plus malines que les kems, une aube nouvelle allait naitre, mais j’t’en fous, ca l’a pas empeché de rester vissé au pouvoir, lui et sa clique d’enculés que nous subissions hier jusqu’a aujourdhui, sous notre brave conne de 5eme : pompidou, giscard d’estaing de mes balloches, chirac, mitterrand, pasqua, pandraut, papon, jospin, sarkozy, coppé, valls, juppette, bayrou, et con sort
moi, je compte UN mort dans cette glorieuse lutte pour le suffrage universel : l’horloger amateur de 1792 ou 13, tout le reste n’etant que sales magouilles de margoulins politicards, matons en costards
alors vous voulez savoir ce que j’en pense, moi, du valeureux devoir d’user du droit de vote ?
que c"est mieux que la dictature.
la bize a toutes.

les schtroumpfs fachos ??? c’est bien les centristes, ca ! COUILLES MOLLES ! (cliquez pour lire le texte)

31 août 2011, 16:45

Dire que les schroumpfs sont à la fois communiste et nazi participent de la pensée molle du modem ni droite ni gauche. Ceci pour enfermer la gauche et la droite dans des sortes d’extrêmes pour éviter de réfléchir aux concepts, une certaine forme de totalitarisme de non pensée pour réfléchir le monde comme régime parlementaire, sociale libérale, fédéraliste et altantiste. D’ailleurs, c’est inquiétant pour quelqu’un qui vient de la science politique.

En réalité, les Schtroumpfs constituent un modèle quasi-achevé de société communiste, et rien d’autres comme l’attestent la bande-dessinée et la série de dessins animés, où l’on peut constater les faits suivants :

Le Grand Schtroumpf est un leader charismatique et bienveillant ressemblant à Karl Marx et habillé en rouge

les Schtroumpfs ne connaissent pas la propriété privée et travaillent en commun sans aucun salaire autre que la jouissance égale de la prospérité collective

les schtroumpfs sont différenciés par leurs seuls talents personnels et non par des marques sociales

Le sorcier Gargamel est le symbole du capitalisme car il vit dans un château, est habillé en prêtre et rêve de transformer les schtroumpfs en or. Le mauvais état de sa demeure montre que le captalisme est voué à la destruction par ses propres contradictions.

A ses pieds, il a Azraël, qui peut recevoir plusieurs interprétations concurrentes :

Un simple chat de sorcier, portant le nom de l’ange de la mort dans les mythologies biblique et coranique.

Le prolétariat aliéné, rampant sous l’hégémonie du Grand Capital.

Le prénom d’Azraël cacherait le nom d’Israël, considéré sous Staline et dans divers pays communistes dès la fin des années 40 comme le soutien du capitalisme bourgeois transnational (cf. le « complot des blouses blanches » en URSS, le procès Slánský en Tchécoslovaquie, Anna Pauker en Roumanie) et au Moyen-Orient du colonialisme, selon cette interprétation polémique Gargamel serait les USA ou l’Angleterre.

la majorité des histoires de schtroumpfs tournent autour d’un élément ( schtroumpfette, schtroumpfissime…) qui vient troubler la marche harmonieuse de la société schtroumpf en rompant l’égalité entre eux. L’histoire se résout avec le retour de cette égalité.

Les schtroumpfs noirs symbolisent le lutte du communisme contre le fascisme, ses « chemises noires » et ses « Cent-Noirs », organisation secrète, monarchiste et raciste en Russie.

La lutte contre le Cracoucass symbolise la lutte contre le nazisme germanique.

Le bonnet Schtroumpf est en réalité un bonnet phrygien, symbole révolutionnaire universel.

L’album « Schtroumpf vert et vert schtroumpf » symbolise la lutte entre néerlandophones et francophones au sein du peuple belge, que le grand Schtroumpf résout par son charisme bienveillant, et restaure l’amitié prolétarienne. Le danger du nationalisme et des particularisme locaux est souligné comme facteur de discorde dans une société d’égaux.

Dans « Le Schtroumpf financier », le seul fait de passer à un système monétaire et d’introduire l’argent dans le village sème la zizanie. On y retrouve aussi une critique de l’économie de marché car tous les schtroumpfs veulent toujours plus d’argent.

Le schtroumpf costaud est, dans le Village, le moteur de « l’émulation socialiste » parmi ses camarades, il est le Stakhanov du Village Schtroumpf.

Le fait que le schtroumpf paresseux soit le seul à ne pas travailler mais qu’il puisse tout de même jouir de l’aide de ses camarades schtroumpfs est l’illustration de la solidarité poussée à l’extrême dans le système marxiste : même ceux qui ne travaillent pas ont droit à une vie agréable.

L’amour du Peuple Schtroumpf pour les grands travaux est manifeste lors de réalisation du Barrage sur la Rivière Schtroumpf, réalisation du génie collectif des masses. A noter que la Schtroumpfette, alors vile créature envoyée par Gargamel, réalise un acte de sabotage, menace courante dans les régimes marxistes et expliquant la nécessité d’un fort contrôle interne des sociétés.

Comme dans la novlangue (dans le roman « 1984″ de George Orwell), il n’y a pas de mots en schtroumpf pour critiquer l’Etat totalitaire. On peut bien sûr dire « le Grand Schtroumpf est schtroumpfant », mais comment argumenter ce caractère schtroumpfant sans recourir à un autre concept que « schtroumpf », allusion aux concepts à visée universelle (la lutte des classes, le matérialisme historique…) de l’œuvre de Marx

Le schtroumpf farceur représente bien évidement la branche activiste et radicale du socialisme, dont les cadeaux piégés sont à la fois :

Des attentats dignes des Brigades Rouges ou d’Action Directe, qui servent d’ailleurs souvent d’armes contre Gargamel.

Une satire féroce du consumérisme ambiant, et de son éternelle frénésie de biens de consommation.

Enfin, le titre de l’album « Le Cosmoschtroumpf » fait, comme tout le monde s’en doute, référence au terme de « cosmonaute », un terme réservé aux équipages de vols spatiaux soviétiques tandis que pour les américains on parle « d’astronautes », pour les européens de « spationautes et plus récemment pour les chinois de « taïkonautes ».

Ces thèses forment le cœur du « marxisme-schtroumpfisme », l’idéologie du camarade Grand-Schtroumpf, et les bases de sa lutte pour une révolution mondiale contre le capitalisme gargaméliste.

Certaines thèses répandues sur le communisme schtroumpf doivent cependant être définitivement rejetées :

Le nom anglais des Schtroumpfs, « the Smurfs », ne vient PAS de S.M.U.R.F. « Soviet Men Under Red Father » puisque 1) le mot anglais « smurf » vient de la traduction néerlandaise des Schtroumpfs, et que 2) l’abréviation S.M.U.R.F. ne signifie rien en néerlandais.

Le Schtroumpf à lunettes n’est PAS l’alter-ego de Trotsky, 1) le Village Schtroumpf étant une société communiste proche de son achèvement historique, les traîtres au service de l’impérialisme ne peuvent plus y prospérer, ils sont vite démasqués comme on le voit dans l’histoire « le Faux Schtroumpf. » 2) Les lunettes ne sont pas une preuve suffisante : de nombreux révolutionnaires arborent fièrement leur paire de lunettes pour réfuter cette analogie (Molotov, Sverdlov, Kalinine, Andropov…).

bravo, etienne, sur le blog du monde…les schtroumpfs fachos ??? c’est bien les centristes, ca ! COUILLES MOLLES !

Lucie et Jean-Baptiste, le 17 novembre 2015, au Père Lachaise (cliquez pour lire le texte)

Pour Pierre

Nous voudrions parler de Pierre tel que nous le connaissions : c’est-à-dire tel que nous l’avons rencontré il y a une vingtaine d’années, mais aussi tel que nous avons appris à le découvrir au fil du temps.

Nous ne l’avons pas rencontré au même moment, mais à tous deux, comme à d’autres sans doute, Pierre est d’abord apparu comme quelqu’un d’un peu déstabilisant, et en tout cas d’intimidant. Il avait l’aura de celui qui en a vu d’autres et qui en a acquis une distance, si bien que beaucoup de choses pouvaient lui sembler indifférentes. Mais une distance qui, aussi, et le mot l’aurait sans doute surpris, lui donnait un véritable sérieux, et inspirait une forme de respect.

En fouillant nos souvenirs, il nous est apparu que Pierre, c’est à la fois le Pierre qui semblait revenu de tout, sceptique sur ce qu’on nous dit qu’il faut faire ou penser, anarchiste parce qu’il avait éprouvé les choses et en était revenu désabusé. Mais c’est aussi le Pierre qui, derrière son scepticisme, savait ce qui comptait pour lui.

Il était peu sûr de lui donc lorsqu’il s’agissait de prendre une position comme on s’attend à ce que le fasse un « adulte responsable » (voter, par exemple), et croyait manifestement que ces façons entendues de voir, de penser et d’agir, n’ont pas beaucoup de sens. Il souriait ainsi des codes les plus admis : il s’amusait à démontrer pendant des heures, arguments à l’appui, que le meilleur film de toute l’histoire du cinéma n’était autre qu’Independance Day. Il le faisait par goût de la provocation d’abord, parce que cela déstabilisait les jeunes intellos naïfs que l’on était, et pour nous faire rire ensuite, parce qu’en fait, c’est sans doute cela qui lui importait le plus.

Il s’embarrassait peu des conventions : ainsi, on savait quand la soirée avait assez duré : il sortait de table, et on le voyait revenir quelques instants après, son manteau sur le dos et celui de Maya à la main.

Mais il y avait aussi Pierre et ses addictions successives, Pierre qui fumait en cachette aux toilettes et qui, démasqué, niait farouchement ; ou Pierre qui, alors que je rentrais des courses, me gratifia d’un « Merci Jeanbat pour le jus d’ananas, mais la prochaine fois, il faudrait trouver du Paquito ».

Enfin, derrière tout cela, il y avait Pierre passionné : Pierre, qui par la légèreté d’un dessin savait transformer en blague le quotidien le plus touchant comme le plus grave, Pierre riant en lisant un polar de Westlake, Pierre chantant à tue tête (et faux) tout le répertoire des Frères Jacques, et surtout Pierre regardant, fasciné et éperdument amoureux, Maya d’abord, puis Boris et Jules.

Ce Pierre-là, on l’a aussi vu face à notre fille Marielle, qui n’avait alors que quelques mois, déstabilisé lorsqu’on lui a proposé de devenir son parrain. Il doutait visiblement une fois de plus de lui-même, mais en était manifestement très heureux.

Pierre ému encore qui, quelques années plus tard, alors que Boris et Jules étaient là, à la fin d’une après-midi éprouvante avec nos quatre jeunes enfants et lorsque je faisais justement mine de me questionner sur la « bonne idée » d’avoir des enfants, m’a répondu de la façon la plus sérieuse : « Jamais je ne pourrai me poser cette question ».

Derrière un scepticisme qui pouvait sembler n’être qu’un détachement, derrière son désintérêt pour tout ce qui est secondaire, ce que Pierre dissimulait mal, c’était un attachement profond aux seules choses qui lui importaient vraiment, et qui lui paraissaient essentielles : ce et ceux qu’il aimait.

Beatrice Ouin, le 17 novembre 2015, au Père Lachaise (cliquez pour lire le texte)

Petit frère,

Alors, comme ça, la mort a fini par te trouver.

Depuis le temps que tu jouais à cache-cache avec elle ! Garçon tant désiré dans cette famille de filles, avec ta gueule d’ange, elle t’avait repéré : électrocuté gravement à 18 mois, tuberculeuse osseuse à 3 ans, fracture du bassin à 13, brulures au 3ème degré à 16, avant 20 ans tu avais déjà passé à l’hôpital plus de temps que d’autres en toute une vie. Est-ce de ce temps-là que te vient ta haine des médecins et des hôpitaux, que tu as pourtant tant fréquentés ?

Tu n’as pas plus aimé l’école que l’hôpital, mais là, tu n’es pas resté longtemps. Il faut dire que Papa a pensé qu’une fessée hebdomadaire te conduirait à accepter le système scolaire. Tu racontais souvent qu’il te demandait : « Avant ou après le déjeuner ta fessée ? ».

Artiste, tu as commencé à l’être dès l’enfance. A 10 ans, tu pouvais passer une heure devant ton tableau noir pour réussir un trois quart profil… En 71, j’étais loin, et déjà, c’est des BD que tu m’envoyais quand les autres m’écrivaient des lettres.

Tu n’avais pas 15 ans quand tes premiers dessins étaient publiés dans le journal du Comité d’action des prisonniers ou dans Libération pour faire la promotion de La Gamelle.

De ta jeunesse de plaies et de bosses, de la poudre et de ses galères, Bloodi parle mieux que personne. Et toujours, la mort était en embuscade.
Elle s’est vengée, la garce, en te faisant mourir à petit feu.

Ce combat contre la mort et la douleur physique, dont tu as fait l’expérience plus souvent qu’à ton tour, ne t’a jamais rendu triste, amer ou agressif.

Tu étais lumineux. Eclairé par une force d’amour incroyable. Ton amour pour Maya, son amour pour toi ont illuminé ta vie, ton visage.

C’est la force de cet amour qui t’a permis de vivre le plus beau jour de ta vie il y a 8 ans, lorsque tes garçons sont nés.

Lorsqu’il y a 25 ans tu m’avais appris de quoi tu souffrais, tu as dit « je ne verrai jamais la gueule de mon fils ». Et le 24 octobre 2007, tu as découvert leurs 2 visages.

Tu as été un père exemplaire, et c’est pour Boris et Jules que tu as supporté cette saloperie de maladie alors que tu ne pouvais plus dessiner.

Révolté, contestataire, anarchiste, tu étais néanmoins le plus gentil des hommes. Violent contre les institutions et le système sur le papier, mais dans la vie un homme doux et généreux. Tu n’as jamais refusé un dessin à qui te le demandais, ni un coup de main à l’un de tes nombreux admirateurs.

Autodidacte, féru de musique, de contrepèteries, de cinéma, de romans noirs, fou de dessin, tu avais une curiosité insatiable, une ouverture à l’autre peu commune, qui nourrissaient ton oeuvre.

Titi parisien, noctambule, amateur de whisky et d’herbe, tu aimais aussi ce coin de paradis qu’était pour toi la maison familiale de Goudargues. Chaque été, le soleil, la chaleur, les apéros à l’ombre du marronnier, la rivière, les fêtes de village, les longues soirées aux terrasses des cafés, les grandes tablées sous le micocoulier, avec toi, le roi du barbecue qui nous faisait tant rire.

Mais tu as aussi été un travailleur acharné. Parce que tu as vécu des galères, parce que tu n’as jamais été salarié, parce que tu n’as pas énormément gagné d’argent, peu imaginent à quel point tu travaillais. Tu as travaillé toute ta vie, la nuit, le jour, en vacances, week-ends et jours fériés. Il suffit de regarder tes dessins pour comprendre le temps que tu as passé sur chacun.

Avec ton talent, tu aurais pu gagner ta vie en répondant aux commandes en 3 coups de crayon. Mais ton art avait des exigences, et chaque dessin t’a pris des heures.

Sur Facebook, certains te comparent à Dubout, d’autres disent que Bloodi a rendu aux toxicos une dignité que la société leur refusait.

D’autres mieux que moi sauront parler de ton oeuvre. Ce que je sais moi, c’est que tu avais un talent immense et que pour cela tu seras le seul à nous survivre, parce que tu es un grand artiste et un témoin engagé de ton temps.

Fabrice, ASUD, le 17 novembre 2015, au Père Lachaise (cliquez pour lire le texte)

Adieu Pierrot

Au clair de la lune, « Bloodi s’est payé un demi-gramme d’héroïne et s’est troué les veines avec une seringue »…

Au clair de la lune, prête moi ta plume. Bloodi transformé en Popeye par le DR Salface nous dit « shootez pas le Subutex les mecs, on a l’air con ».

Au clair de la lune, Bloodi nous promène dans le jeu de loi de 70…

J’avais écrit un texte en 2009 pour les dix ans d’ASUD :
« Avec sa crête, son perfecto et ses drôles de pompes rouges et blanches, Bloodi c’est un peu comme Tintin, sa houppette et ses pantalon de golf. » Avec une ratte faisant fonction de Milou.

Bloodi est devenu le Tintin d d’ASUD. On l’a mis à toutes les sauces. On l’a obligé à shooter propre, il a pris de la méthadone, il a fait une biopsie à l’hôpital pour soigner son hépatite, il a même planté du cannabis … thérapeutique. Le manuel du shoot à risques réduits ? Une véritable épreuve.

Ca ne l’empêchait évidemment pas de shooter de la coke, de fumer du crack, de niquer des keufs et de dégueuler sur les docteurs. Car même à ASUD, ce que Bloodi aimait le plus, c’était faire chier le monde des conventions. Des « oh non ! quand même on peut pas imprimer ça !!!! »

Combien de fois je me suis retrouvé devant mon écran d’ordinateur, après la lecture d’une nouvelle aventure de Bloody, à me dire « non non ! On ne peut pas imprimer ça »

Il adorait ça Pierre, me voir décrocher la mâchoire devant son + de sang,, + de dope + de caca pipi. Pierre, le Monsieur plus du gore toxico.

Et puis le journal paraissait et nous savions que pour les lecteurs, Bloodi était le moment préféré

« La bd, c’est le premier truc que je lis dans ASUD ….. »

Combien de fois ai-je entendu cette phrase ?

Bloodi, le sale punk dont personne ne veut plus car il s’est grillé partout. Les gens qui lisent ASUD adorent Bloodi. Bien sûr, c’est un peu le tox de caricature mais c’est aussi celui à qui on pardonne tout car il y a un petit Bloodi qui sommeille en chacun de nous.

S’il te plaît continue à faire chier le monde Bloodi, il le mérite.

Eliza Ouin, Michaël Jacquier, Cathy-lou Lefebvre, Lolita Lefebvre, le 17 novembre 2015, au Père Lachaise (cliquez pour lire le texte)

Pierre, Merci !
Eliza, Michael, Cathy-Lou et Lolita te saluons pour ne jamais nous avoir pris de haut et pour avoir été, pour plusieurs d’entre nous, un second père, et le plus marrant de tous.

Pour nous, que tu sois « handicapé » n’aura jamais été aussi fun que lorsque tu sortais ta carte avec un grand sourire pour griller les files de touristes, comme un grand bras d’honneur, tout ça pour nous en mettre pleins les mirettes. D’abord dans tous les musées de Paris, les zoos, puis jusqu’au Canada et aux USA.

Merci pour toutes les premières fois et les nombreux rites de passages accomplis en ta compagnie ou avec ton aval.

Les premiers livres, les premiers films qui font vraiment peur, voire qui traumatisent. Les premiers vrais gros mots, les premières danses, les premières cuites, les parties de pêche, les parties de majong sous le marronnier, les premiers coups de crayon.

***

Anticonformiste, tu étais notre Gaston Lagaffe. Avec toi tout devenait drôle. Comment oublier que tu as perdu une dent – et toute crédibilité - en nous engueulant parce que l’on faisait trop de bruit dans la salle de bain de la grange. Quand même, qu’est-ce qu’on a pu vous emmerder, Maya et toi, en occupant cette grange.

Les miettes de pain, les débris de thon, les morceaux d’anchois à l’huile, le gruyère rapé qui traçaient le parcours entre la cuisine et ta chambre signalaient tes fringales nocturnes. Tard dans la nuit, la seule lumière allumée, à Goudargues ou chez toi, était celle du frigo. Quels fous rires ont pu déclencher ces rencontres cocasses, quand on te trouvait à poil penché devant le frigidaire.

L’été, pendant la saison des bals et fêtes de villages, nos mères nous laissaient sous ta responsabilité. À peine arrivés sur les lieux, tu fonçais jouer à la roulette, et à la fin de la soirée, plusieurs tournées de marquisette plus tard, tu ne l’avais pas quittée : la roulette, c’était notre point de rendez-vous.

Merci de nous avoir fait découvrir, pendant plus de 20 ans, chaque nouveau meilleur film du monde. Indépendance Day, Little big man, Mars Attack, True Romance, pour ne pas tous les nommer, ont obtenu ce titre. On notera quand même que chaque été tu prenais un plaisir fou à te retaper la collec des Disney avec nous. Tu chantais, très très faux, les bandes originales des films qui avaient leur place dans ton incroyable collection de rock.

***

Merci pour nos soirées mémorables. Celles où l’on subtilisait des bouteilles dans la cave de la petite maison à Goudargues, pour aller refaire le monde sur la tombe de papy et mamée pendant la nuit des étoiles filantes. Ou celles encore où tu ratissais sans pitié notre argent de poche durement gagné en nous expliquant consciencieusement la moitié des règles du poker.

Merci d’avoir fait en sorte qu’on apprécie la BD et son histoire. Bloodi et Riquette nous ont aidés à te comprendre et à t’apprécier. Aucun de nos potes ne peut se vanter de posséder des bandes dessinées en guise d’album photo.

Ton humour y fait mouche et restera.

Inlassablement, tu as été notre joker « bon moment avec un adulte » sans jamais nous décevoir.

On voudrait ajouter que derrière chaque grand homme, il y une grande femme. Dans son cas elle mesure 1,59, pèse 40kg toute mouillée. Merci Maya, ces moments nous sont également précieux grâce à toi.

A Boris et Jules, nos petits cousins, nous voulons vous assurer que nous serons toujours là pour vous raconter, encore et encore, toutes les histoires invraisemblables que nous a fait vivre votre papa.

Merci, tonton pour tous nos éclats de rires, pour tes dessins, pour ta bienveillance, pour ton grain de folie.

Tu nous manqueras toujours.

Avec tout notre amour,

Tes nièces et tes neveux.
Eliza, Michael, Cathy-Lou et Lolita te saluons pour ne jamais nous avoir pris de haut et pour avoir été, pour plusieurs d’entre nous, un second père, et le plus marrant de tous.

Pour nous, que tu sois « handicapé » n’aura jamais été aussi fun que lorsque tu sortais ta carte avec un grand sourire pour griller les files de touristes, comme un grand bras d’honneur, tout ça pour nous en mettre pleins les mirettes. D’abord dans tous les musées de Paris, les zoos, puis jusqu’au Canada et aux USA.

Merci pour toutes les premières fois et les nombreux rites de passages accomplis en ta compagnie ou avec ton aval.

Les premiers livres, les premiers films qui font vraiment peur, voire qui traumatisent. Les premiers vrais gros mots, les premières danses, les premières cuites, les parties de pêche, les parties de majong sous le marronnier, les premiers coups de crayon.

***

Anticonformiste, tu étais notre Gaston Lagaffe. Avec toi tout devenait drôle. Comment oublier que tu as perdu une dent – et toute crédibilité - en nous engueulant parce que l’on faisait trop de bruit dans la salle de bain de la grange. Quand même, qu’est-ce qu’on a pu vous emmerder, Maya et toi, en occupant cette grange.

Les miettes de pain, les débris de thon, les morceaux d’anchois à l’huile, le gruyère rapé qui traçaient le parcours entre la cuisine et ta chambre signalaient tes fringales nocturnes. Tard dans la nuit, la seule lumière allumée, à Goudargues ou chez toi, était celle du frigo. Quels fous rires ont pu déclencher ces rencontres cocasses, quand on te trouvait à poil penché devant le frigidaire.

L’été, pendant la saison des bals et fêtes de villages, nos mères nous laissaient sous ta responsabilité. À peine arrivés sur les lieux, tu fonçais jouer à la roulette, et à la fin de la soirée, plusieurs tournées de marquisette plus tard, tu ne l’avais pas quittée : la roulette, c’était notre point de rendez-vous.

Merci de nous avoir fait découvrir, pendant plus de 20 ans, chaque nouveau meilleur film du monde. Indépendance Day, Little big man, Mars Attack, True Romance, pour ne pas tous les nommer, ont obtenu ce titre. On notera quand même que chaque été tu prenais un plaisir fou à te retaper la collec des Disney avec nous. Tu chantais, très très faux, les bandes originales des films qui avaient leur place dans ton incroyable collection de rock.

***

Merci pour nos soirées mémorables. Celles où l’on subtilisait des bouteilles dans la cave de la petite maison à Goudargues, pour aller refaire le monde sur la tombe de papy et mamée pendant la nuit des étoiles filantes. Ou celles encore où tu ratissais sans pitié notre argent de poche durement gagné en nous expliquant consciencieusement la moitié des règles du poker.

Merci d’avoir fait en sorte qu’on apprécie la BD et son histoire. Bloodi et Riquette nous ont aidés à te comprendre et à t’apprécier. Aucun de nos potes ne peut se vanter de posséder des bandes dessinées en guise d’album photo.

Ton humour y fait mouche et restera.

Inlassablement, tu as été notre joker « bon moment avec un adulte » sans jamais nous décevoir.

On voudrait ajouter que derrière chaque grand homme, il y une grande femme. Dans son cas elle mesure 1,59, pèse 40kg toute mouillée. Merci Maya, ces moments nous sont également précieux grâce à toi.

A Boris et Jules, nos petits cousins, nous voulons vous assurer que nous serons toujours là pour vous raconter, encore et encore, toutes les histoires invraisemblables que nous a fait vivre votre papa.

Merci, tonton pour tous nos éclats de rires, pour tes dessins, pour ta bienveillance, pour ton grain de folie.

Tu nous manqueras toujours.

Avec tout notre amour,

Tes nièces et tes neveux.


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Messages

  • 20 VERRES POUR PIERRE

    L’était pas un vendu
    Mon p’tit frelu
    L’aurait bien voulu
    Nourrir ses deux lardus
    Éviter qu’chaque matin
    Sa greluche parte au turbin.
    Mais quand ses belles mains
    De casseur de pharmachien
    Grattaient sa planche à dessin
    C’est Bloodi, le roi des junkies
    Qui prenait vie par magie
    Et les shootés, ces enculés,
    Ces empaffés de défoncés
    Foutent pas leur blé dans la BD…
    J’m’ennuie tellement sans lui
    Que j’ai seulement envie
    D’me tirer au paradis
    Siffler un grand whisky
    Et fumer un énorme joint
    Avec Pierre Ouin.

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