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Les différents réseaux de diffusions des scans

samedi 11 janvier 2014, par BDZMag

L’essentiel de la production des scans est diffusée depuis plus d’une décennie par les réseaux P2P, et plus précisément eMule à l’origine.

eMule

Ce mode de diffusion très à la mode avant les arrivées du Direct Download et d’Hadopi tend à s’estomper. Il n’y a presque plus de serveurs actifs et les utilisateurs utilisent le mode Kad (connections directes de PC à PC sans passer par les serveurs) ; la disponibilité des scans dépendant des sources connectées. Même s’il existe un forum (un seul) qui centralise tous les liens émule des scans, nombreuses sont les BDz sans source. La vitesse de téléchargement est généralement assez lente.

Parallèlement, ce choix datant d’une époque reculée n’était pas anodin, cela a permis à une grande quantité de scans de traverser les âges du « warezique ». Cependant, de nos jours, les mœurs des utilisateurs de la « génération Y » ont évolué vers un partage à sens unique : une seule personne donne et mille téléchargent sans remettre en ligne. Le maillon faible du partage sera toujours le facteur humain. Un des rares systèmes de diffusion totalement désintéressés, financièrement parlant !

Les réseaux bitTorrent

Le Torrent est généralement plus rapide en téléchargement qu’eMule, mais plus éphémère. Le torrent était rarement l’initiateur de nouveautés, mais avait plutôt un rôle de rediffuseur. Depuis 2 ans on voit apparaître des électrons libres qui utilisent le Torrent comme diffuseur direct de leurs scans ou plutôt de leurs webrips.

Les trackers privés (plus rarement des publics qui se concentrent sur les films ou la musique) qui rediffusent les BDz ne le font pas de manière altruiste : dons et pubs sont monnaie courante.

Le Téléchargement direct

Le Direct Download (DDL) est venu plus tard ; plus rapide que le P2P, il est beaucoup moins fiable à long terme (voir la fermeture de « megaupload »). La centralisation des fichiers sur un seul et unique serveur a ses faiblesses sans parler des nettoyages incessants et changements de règles des hébergeurs, ce qui demande une gestion constante pour s’assurer de la vie des liens. Le Direct Download est parfait pour le « téléchargeur » impulsif : je vois, ça me plaît, je clique. Pour une vision à plus long terme dans le partage, le Direct Download est donc à éviter ; tout comme le torrent, il est en général un simple rediffuseur.

Le Direct Download a surtout l’intérêt de noyer les téléchargements illicites dans la masse des échanges Internet, et donc de réduire les risques pour le téléchargeur. Les forums généralistes sont les principaux acteurs de cette rediffusion et en même temps la plaie du partage, car ils sont avant tout, comme les « trackers », des usines à faire du fric (bannières publicitaires, popups…).

Megaupload, avant sa fermeture en janvier 2012, était considéré comme le 13e site le plus visité au monde, avec plus de 180 millions d’utilisateurs enregistrés et une moyenne de 50 millions de visites par jour, soit près de 4% du trafic quotidien sur Internet. L’acte d’accusation contre Megaupoad parle également d’un système de récompense financière pour des diffuseurs « efficaces », et donc d’une incitation au dépôt de fichiers…

La lecture en ligne

Le streaming, exclusivement utilisé pour la diffusion de manga (scantrad), est souvent couplé à une offre en Direct Download.

La lecture peut se faire via un site web qui héberge les fichiers en local, un hébergeur de lecture en streaming, ou bien via une application Android dédiée qui a pour rôle de fureter dans de nombreux sites de scantrad (il y en a plein de disponibles sur Google Play). Seul le manga utilise ce mode de diffusion ; cela nous montre l’énorme réactivité des teams face aux nouvelles technologies pour une diffusion publique toujours plus efficace contrairement aux autres genres de scans.

Dans le monde du scantrad il y a des requins et des poissons rouges : le côté financier n’est pas une priorité, mais quelques poissons rouges se sont transformés en requins au fil du temps…

Les bibliothèques virtuelles

J’aimerais conclure ce paragraphe par un secret : les bibliothèques virtuelles, il y en a très peu sur le net, une dizaine, et je compte large. Ce sont des collectionneurs compulsifs de livres numériques, BD, comics, manga, e-books. Ils ont absolument tout de ce qui est trouvable sur le net, que ce soit en français, anglais ou toutes autres langues.

A une exception près, ils ne font aucune diffusion publique, cachés dans les profondeurs abyssales des P2P cryptés, ils sont la mémoire du scan. Aucun de ces gérants de rayonnages binaires n’utilise ou n’utilisera son stock pour avoir des retombées financières, ici on est dans un monde à part.

Quand Joël Faucilhon a écrit son billet « Portrait du pirate en conservateur de bibliothèque », il ne pouvait pas imaginer être aussi proche de la vérité. Il a juste fait une erreur, le torrent n’est pas viable pour ces monstres du stockage.


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