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Le sondage de 108 auteurs de BD

samedi 11 janvier 2014, par BDZMag

En novembre, nous avons fait un sondage auprès des auteurs de BD pour savoir ce qu’ils pensaient du piratage. Les résultats de ce sondage ont été publiés dans l’article Sondage de 108 auteurs BD sur le piratage.


Nous leur avions également demandé de nous proposer un commentaire final. Voilà ce qu’ils nous ont répondu :

Commentaires du sondage

Diffuser ses oeuvres sur support numérique peut être un bon tremplin aussi pour vendre son bouquin papier. Par exemple, de nombreuses planches de ma BD ont été diffusée sur 30 jours de BD afin de me faire connaitre avant la sortie de l’album.

Fuck le gratuit !!!

Penser que le numérique pourrait faire disparaître le livre signifierait que l’intérêt d’un livre ne se résume qu’à son contenu. Le contenu d’un livre est gratuit. On peut y accéder sans payer en bibliothèque, en empruntant le livre à un ami, en le feuilletant en librairie et c’est légal. Ce qu’on paie, c’est l’objet. Un objet que l’on peut offrir, prêter, annoter, sentir, toucher, faire dédicacer et ranger dans une bibliothèque. La bibliothèque étant une sorte de « Facebook » personnel avec ses souvenirs associés à des bouquins. Ma bibliothèque est une image physique de mon histoire personnelle. Le numérique c’est volatile, temporaire, jetable. Plus on lit en numérique, plus on aime lire et plus on achète de livre papier.


Je crois que, pour l’heure, le public n’a pas le reflex du « tout numérique » pour la BD. En France, le public a trop l’habitude de considérer la BD comme étant un objet… pour s’en rendre compte il suffit de savoir que plus de 80% des albums achetés le sont pour des cadeaux ! par ailleurs, les contrats éditeurs auteurs sont particulièrement flous en ce qui concerne la protection et la rémunération de l’auteur lorsqu’il édite en numérique… où commence vraiment le piratage de l’auteur ? Lorsque le pirate pompe sur internet, ou lorsque l’éditeur peu scrupuleux fait signer n’importe quoi à son auteur ?

Cela fait maintenant partie de l’univers de l’édition et je pense surtout qu’avant cela se passait chez le marchand de journaux J’écris des romans et je sais que si je publie un jour mes romans sont pirates, ça fait partie du jeu et de toute façon si quelqu’un me pirate c’est qu’il aime ce que je fais. Le papier ne disparaîtra pas complètement car l’homme est possessif et à besoin de posséder l’objet physique alors l’essentiel c’est de s’amuser dans ce qu’on crée et aimer le partager

1/ Repenser le copyright. (Créative Commons ?)
2/ le piratage ne nuit qu’aux purs produits de marketing.
Une oeuvre de qualité sera découverte par piratage puis achetée… Suivre par exemple ce que fait Cory Doctorow en mettant légalement et gratuitement toutes ses oeuvres en ligne (parallèlement à la sortie livre) lui rapporte plus de notoriété, plus de lecteurs et au final plus d’acheteurs. J’attends avec impatience une expérience comparable en France et/ou dans le monde de la BD

Cette eau vient de Mombasa. Elle doit retourner à Mombasa.

La télévision n’a pas tué le cinéma, le cinéma s’en charge tout seul. Pour la bande dessinée il en sera de même : des oeuvres de qualité imprimées sur papier trouveront toujours des lecteurs, à moins que la surproduction d’oeuvre de basse qualité ne finisse par légitimer une certaine forme de zapping de lecture sur tablette …

La pratique américaine du « free digital copy » devrait être un automatisme. Mais en France, on préfère vendre (cher) des scans de mauvaise qualité d’une oeuvre pourtant déjà achetée en papier… l’excuse : le piratage

Vaste débat…

Faux problème, car c’est l’Internet qu’il faudrait remettre entièrement en question et c’est trop tard, et ce serait dommage…^^ Le piratage a remplacé les palettes tombées du camion mais là c’est tout le monde qui en profite !

Licence globale ?

Tant que l’offre légale ne sera pas soutenue par de réels prix attractifs prenant en compte :
1. le maintien de la rémunération des auteurs
2. la suppression des intermédiaires rendus non nécessaires
3. l’absence d’impression et de stockage des œuvres
alors le numérique restera inabordable, encadré par des éditeurs souvent incapables de baisser leurs prix ou d’assurer un réel relais entre les support papier et numérique. Le véritable ennemi, ce sont les prix. Des BD papier à près de 15 € et des versions numériques à 7 € ? De moins en moins de gens peuvent se permettre l’achat de l’un ou de l’autre. Et l’auteur en bout de chaîne ne touche que quelques misérables pourcentages de ces sommes, ce qui n’arrange rien.


La question est un peu brouillée pour moi, d’un point de vue économique, entre piratage, support numérique, et conditions de vie d’un auteur. Même si actuellement, je me sens peu visé par le phénomène du piratage, il est indéniable que celui-ci, et plus globalement la diffusion sur le net pose la question de la rémunération des auteurs, et à travers elle des conditions de la création, voire de leur identification en tant qu’auteurs, ce qui conduit à une inquiétude légitime. Par ailleurs, s’il me semble que le support numérique amène de nouvelles approches créatives, il ne supplantera pas à mon sens l’objet livre, qui porte une création très vivante, intrinsèque au support. Cependant l’idée de pillage généralisé amène probablement à un certain nivellement. Existe-t-il des solutions alternatives viables permettant une professionnalisation de l’auteur (en termes économiques) ? La réponse à ces questions dépasse sans doute le seul cadre de la culture (et le cadre d’un commentaire bricolé ! ).

Le numérique, tout comme l’impression digitale, va ouvrir le champ des possibles en termes de diversité et de façon d’oeuvrer pour diffuser les oeuvres. Je suis bien heureux de ne pas être encore trop vieux pour participer à cette nouvelle révolution. Car c’en sera une.

On ne se pose pas le problème du prêt dans les bibliothèques ? Pourtant, même avec la SoFIA (Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit, nde), c’est des acheteurs potentiels que nous n’aurons pas. Pour la rémunération des auteurs, je pense que le plus gros travail à faire se situe dans la relation éditeur/auteur… pas dans un éventuel piratage de son œuvre.

Le piratage est dans les moeurs, il faut faire avec. Aux éditeurs de proposer du bonus, de la qualité de lecture et de la nouveauté. Les auteurs fourmillent d’idées pour faire avancer la BD numérique. De même que l’on adapte un site web pour ordi et smartphone, on peut adapter la BD pour papier et écran. Les deux ne sont pas opposés. En ce qui concerne le piratage, le but en est louable, la culture pour tous !!!


Le piratage des BD est vraiment marginal ! dans la mesure ou une version papier est toujours plus agréable a tenir en main. L’idée que le numérique supplante le papier est une énorme erreur. La version numérique peut être un supplément avec quelques informations multimédia afin d’enrichir la lecture du lecteur mais, quoi qu’il en soit, la version papier a encore de beaux jours devant elle.

Rappelez-vous : dans les années 20, lors de l’avènement de la radio, la presse papier a eu peur de moins vendre. C’était une erreur, ça a été un complément. Idem avec la TV, et aujourd’hui ? toujours pareil avec la tablette. Il en va de même pour la BD.

Pas de commentaire particulier. Si ce n’est qu’il faut bien avoir conscience que les versions pirates en PDF des BD n’ont pas attendu l’arrivée du numérique, bien au contraire.

Je travaille dans le comics et il n’est pas rare de pouvoir télécharger illégalement le comics du mois avant l’ouverture des « comicshops » aux USA ! Preuve pour moi que la partie est perdue d’avance puisque c’est rendu possible par des maillons de la chaîne de l’éditeur / distribution / vente…


Vive la BD ,et même les livres normaux les magazines se font piraté, mais la BD a de beaux jours devant elle ,car je préfère avoir un bouquin dans la main que de las lire sur une tablette,de plus j’en ai qui sont dédicacées… impossible a l’heure actuelle sur iPad lol^^

Je pense que ce n’est n’est qu’une question de temps. à l’instar du MP3 pour le CD, le numérique prendra de plus en plus de place dans le marché et sera piraté inévitablement. Le premier travail reste aux éditeurs et diffuseurs. Il faut que les prix donnent envie de lire l’oeuvre à moindre coût pour éventuellement acheter l’objet « livre ». Et encore, les romans sont moins bien barrés puisque la différence prix entre le papier et l’ePub est quasi ridicule et même souvent supérieure au prix du livre de poche. Dans l’absolu, laisser quelques arbres de plus sur la planète n’est pas un luxe. Donc, ne pas arrêter pour autant la production papier, mais le numérique permettra, je l’espère, de faire un premier tri avant de démarrer la tronçonneuse pour des milliers de parutions annuelles quelquefois évitables

En ce qui me concerne, je tiens un blog où (par la force des choses) mes travaux sont publiés et visibles gratuitement, excluant la présence de droits d’auteurs et coûts de publication. Dans mon cas, je suis un auteur gratuit, qui diffuse par nécessité artistique, les gens n’ont pas besoin de me pirater ^^

Collectionneur de BD depuis 25 ans, la lecture sur écran ne peut remplacer le papier. Cependant, il faut distinguer deux aspects. 1- La BD purement numérique, appelée « Webcomics » dont la diffusion ne pourrait se faire sans le WWWeb. 2- La BD piratée, diffusée, consommée et jetée sans raison. Elle ne tuera pas l’industrie de la BD mais dénature le rapport à l’objet, comme le piratage des films les rend « jetables ».

Ce que vous appelez « piratage », moi (et beaucoup d’autres), nous l’appelons partage.

L’homme naît et meurt, pour l’instant encore. Son problème dans le temps de son vivant est de laisser une trace pour le temps (l’éternité) de sa mort. Le virtuel ne laisse aucune trace. Le papier ce n’est pas terrible, (surtout les papiers d’aujourd’hui) mais c’est mille fois plus une trace que le virtuel. Et le rêve de tous les blogueurs est de faire une fois, un livre de papier. Alors…

La BD papier et la BD sur internet sont deux choses différentes. Tant qu’on essayera de mélanger les deux, on empêchera à un nouvel art d’éclore.

Je pense qu’à l’heure actuelle, le numérique peut être une excellent passerelle à moindre coût vers le marché international et donc un élargissement conséquent du lectorat. Reste aux éditeurs à franchir le cap avant que les auteurs ne se décident majoritairement à le faire eux-mêmes.

Ceux qui m’intéressent sont ceux qui vont commencer par le numérique:nouveaux supports nouveaux talents…

Seuls des fichiers gratuits mis a disposition par les gestionnaires de droits permettraient de contrer le piratage tout en assurant la qualité des reproductions qui circulent sur le net… c’est de la lecture, pas du livre qui est proposé, donc il n’est pas obligatoire d’être dans un rapport monétariste.

Le piratage fait perdre des ventes, c’est une chose indéniable. Cependant cela permet aussi à certaines personnes de découvrir des BD qu’elles n’auraient pas eu le réflexe d’acheter. Souvent, des personnes qui ont lu une BD en numérique, veulent la relire en papier.

Si les éditeurs payaient correctement les auteurs, le piratage serait un drame, mais dans des conditions proches du bénévolat, et une faillite de la distribution classique, le piratage a presque des allures de deuxième chance.

Tant que le numérique légal sera aussi cher, il ne sera pas possible d’empêcher l’offre illégale… d’autant plus que la qualité pirate est apparemment meilleure que celle proposée légalement

Un peu binaire, le questionnaire. Par exemple, à la question 2 : je ne dirais pas TRÈS marginal, mais encore marginal. 4 = on va garder les deux encore quelques années ? 6a, je suis forcé de dédoubler : Non, les éditeurs ne font pas ce qu’il faut pour protéger nos oeuvres. Oui, les offres légales bien faites seraient à même de le faire.


C’est un véritable casse-tête. La transition est difficile, surtout que l’on ne sait pas où l’on va. Le plus gros problème, ce n’est pas le support numérique, c’est la rémunération de ceux qui créent ces oeuvres. Tout travail mérite salaire !

il faut vivre avec son temps, mais il ne faut pas en abuser.

Pour le moment, c’est un marché très peu actif. Ceci, on n’y travaille pas vraiment à ce qu’il le devienne. Transposer des livres à un format tablette tel quel est souvent décevant. mais on verra bientôt des oeuvres adaptés au support, des offres et un développement du matériel qui fera que cela deviendra important. Pour ce qui est de la protection, je ne me fais aucune illusion, nous avons l’exemple de la musique et du cinéma pour voir que c’est illusoire de l’interdire. Il vaudrait mieux développer des offres adaptées. Plus que le développement du numérique, je m’inquiète de la disparition possible des librairies qui est notre principale vitrine pour faire exister nos livres ?

Tout changement engendre des inquiétudes, tout comme le passage du muet au parlant, celui du noir et blanc à la couleur… C’est en soi angoissant, certes, mais inévitable… Comme quoi, on n’arrête pas le progrès…

Le numérique est une nouvelle approche de la narration séquentielle. Il est incontournable à mon sens. Il est aussi le moyen de passage à autre chose, une relation plus directe entre l’auteur et le lecteur, s’affranchissant du filtre éditorial.

Je pense que la numérisation est la prochaine étape dans l’édition BD. Les comics devraient être accessibles à tous. Pour apprécier la lecture de nouveaux comics sur sa tablette … on va en profiter seulement si on a lu la bande dessinée à la main, en format papier. Nous ne pouvons pas arrêter le piratage de la BD à 100%, mais nous pouvons moderniser notre édition afin d’éviter cela autant que nous le pouvons !


Je pense que c’est surtout le manga et les comics qui sont piratés (dans la masse) ; leur logique de production industrielle les expose de toute façon à ce genre d’abus. Pour la BD franco-belge plus traditionnelle, les aficionados sont des « collectionneurs », qui attendent parfois 2 ans entre chaque BD d’une série… rien à voir donc. Si des pirates s’y intéressent, de toute façon ils n’achèteront jamais rien et ne nous intéressent pas.

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