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Interview croisée : le Jean-mi répond

mardi 5 mars 2013, par Jean-mi

Suite aux résultats de l’interview croisée, le Jean-Mi a eu envie de noircir un peu de page blanche.
Contrairement au boss, je ne suis pas diplomatiquement correct , et je compte bien mettre les points sur les i.

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Commençons par répondre à Allison d’AveComics.
Quand elle dit que la manière la plus simple de pirater une BD papier, c’est de la scanner, je l’invite à essayer.
Deux heures au bas mots simplement pour le scan, plus le temps de retouche, quatre bonnes heures… et là, on parle d’une BD en bon état !

Le plus simple, c’est de mettre la main sur une BD numérique et d’en faire une copie, avec soit un ordi, soit une tablette : avec les résolutions des meilleures tablettes, le résultat est plus qu’acceptable (pour ne pas dire identique à l’original) et cela demande aucune connaissance particulière.

Pour Izneo, je les invite à vérifier leur BD de Loving Dead, mise en ligne sur leur plate-forme pages 60 et 78 : le scan disponible partout en ligne a, comme c’est bizarre, les mêmes erreurs de cadrage… Ce serait gentil, et, disons-le, "pertinent", de le corriger pour que les webrippeurs puissent afin avoir la BD complète.

Bdbuzz n’est pas épargné par le copiage, pas plus qu’AveComics.

Pour de ce qui est de ComiXology on va faire court. Regardez ceci
No comment.

Le décor est posé, continuons.

On a mis en place l’offre légale en dépit du bon sens, sans penser un seul instant aux conséquences possibles ; sans préparer le terrain pour éviter de créer cette nouvelle forme de piratage qu’est le webrip.
En même temps aucune des promesse faites aux auteurs pour la protection de leurs œuvres n’est valable : il est impossible de protéger une BD dès l’instant où elle est en ligne. L’univers numérique repose sur la copie et le partage des données, c’est son essence même. Numérique égale copiable. Point.

Tant que le partage des BD était basé sur le scan d’un album papier, ce qui représente un travail long et fastidieux, il fallait avoir quelques connaissances, du temps, et beaucoup de motivation pour utiliser cette méthode, dont une des conséquences indirectes était de limiter la diffusion des scans.
Mais maintenant qu’une offre virtuelle est disponible, le temps du webrip est venu, et copier est à la portée de tous. Bref, le webrip a totalement démocratisé le piratage.

Dupuis vient de rejoindre Youboox, ce qui va dans le bon sens : une diffusion gratuite remunérée par la pub peu apporter une réelle alternative au piratage. ; à quoi bon se casser le cul à scanner des BD si tout le monde peut les lire gratuitement ?
Il est dommage que Youboox n’accepte de travailler qu’avec des éditeur, tournant ainsi le dos à l’auto-édition. Mais un groupement d’auteurs pourrait, en tant qu’association, travailler avec eux.
Cette idée est d’ailleurs à la base d’un projet où Pirate ta BD ! sera impliqué.

Pierre Bellet, directeur commercial et marketting chez Dupuis, est à côté de la plaque quand il déclare :
« Aujourd’hui, le consommateur connecté accède déjà à nos contenus via plusieurs modèles économiques : location, abonnement, vente en B2B en bibliothèque, et bien sûr téléchargement définitif. Nous sommes convaincus que tous les modèles peuvent cohabiter et que le modèle défendu par Youboox peut trouver sa place dans le paysage qui se dessine sous nos yeux. »
Le problème est que ces modèles économiques sont en realité tous indépendants les uns des autres, et chacun sur un diffuseur différent :

- izneo,budbuzz , avecomic pour la diffusion streaming

- vitrine.edenlivres.fr pour la vente direct de pdf et epub

- youboox pour la lecture gratuite rentabilisée par la pub

Pierre Bellet ne doit plus s’en rappeler, mais, en 2009, notre boss lui a parlé à Angoulême , et il lui mentionnait déjà de l’option "lecture liée a la pub". Il est vraiment dommage que la plate-forme izneo ait raté la possibilité de centraliser tous ces modèles économiques, qui aurait évité aux utilisateurs de se disperser.
Mais cela n’est pas grave ; on imagine facilement que le cheval de bataille d’’izneo est la diffusion pro. Les ventes des droits d’usage aux bibliothèques (un accès tout compris revient à 1257 €) rapportent bien plus que les ventes aux lecteurs.

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