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En Corée du Sud, les BD se lisent d’abord sur les smartphones

mardi 30 décembre 2014

Tower of God est un webtoon (BD qu'on lit sur smartphone) disponible en anglais sur le web.

Tower of God est un webtoon (BD qu’on lit sur smartphone) disponible en anglais sur le web. © Eva John

En Corée du Sud, les bandes dessinées se lisent avant tout sur le web. Et
plus précisément sur les smartphones. Ici, tout le monde ou presque en
possède un et dévore dans le métro ou le bus, le dernier épisode de son
« webtoon » préféré.

Le format de cette BD a été conçu spécialement pour le numérique. On la fait défiler verticalement du bout du doigt, et certaines incorporent même sons, animations et musiques.

Six millions de lecteurs quotidiens

La plus grande librairie en ligne est hébergée sur la plateforme Naver, premier moteur de recherche coréen. Elle rassemble plus de six millions de lecteurs par jour. Plus de 500 webtoons y ont été publiés depuis 2006, accessibles gratuitement ou pour quelques centimes par épisode.

Le marché sud-coréen des webtoons devrait tripler d’ici trois ans, pour atteindre 220 millions d’euros, d’après les estimations de l’institut de recherche économique KT. «  Le format webtoon a beaucoup de potentiel car il peut être adapté en de multiples formats  : série, dessin animé, etc.  », estime Jung Ik-soo, directeur du Centre d’animation de Séoul.

Cette année, le ministère a alloué un budget de plus de 5,3 millions d’euros pour la promotion de l’industrie du dessin, dont une part « significative » a été attribuée aux webtoons. Ce budget sera en hausse de 30 % en 2015.

"En Corée, webtooniste est un vrai métier"

Le système, qui fait se côtoyer dessinateurs professionnels et amateurs, permet l’émergence de nouveaux artistes, rémunérés grâce à la publicité et en fonction de leur succès. C’est le cas de Ji Gang-min, l’auteur de Viens à la superette. Diplômé d’une école de commerce, il travaillait à mi-temps dans une épicerie quand il s’est lancé dans la BD en 2008. L’histoire, qui s’inspire de son expérience, a rapidement réuni près de deux millions de lecteurs par épisode.

Le webtoon vient de s’achever, après six ans et 600 épisodes au compteur. Traduit en chinois, japonais et thaï, il a été publié en version papier, adapté en dessin animé et en jeu vidéo. «  En Corée, webtooniste est enfin considéré comme un vrai métier. Cela fait rêver beaucoup d’écoliers  », confie Ji Gang-min, qui reçoit de nombreux e-mails de fans. Son succès lui a permis de toucher près de 70 000 € par an, mais ce Coréen rappelle que la plupart des dessinateurs ne vivent pas de leur art. Le marché, dominé par Naver et son grand rival Daum, laisse peu de place aux petits éditeurs en ligne.

Séoul espère devenir le leader mondial de ce secteur encore balbutiant dans le reste du monde. «  Le webtoon pourrait suivre le même destin que la musique pop coréenne, qui a déferlé sur l’Asie  », prédit Jung Ik-soo. En juillet, Naver a lancé « Line Webtoons », sa plateforme international avec une cinquantaine de webtoons disponibles, en anglais, chinois et thaï.

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