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ComiXology : une petite extrapolation

mercredi 13 février 2013, par BDZMag

ComiXology arrive en France, nouveau rouleau compresseur à l’image des mastodontes que sont Google et Apple. Il est vrai qu’à l’inverse des plates-formes françaises, comiXology fait du fric… Juste pour rire, je vais me transformer en Madame Irma pour regarder dans ma boule de cristal et essayer de connaître ce que nous réserve l’avenir des BD numériques.
Commençons. Je vois, je vois…

ComiXology peut s’avérer être une porte très intéressante pour l’exportation à l’étranger de la BD francophone traduite en anglais et dans d’autres langues : leur puissance de feu internationale est importante, et ne cesse de se développer. Et d’après ce que je peux lire à leur sujet, ils sont gourmands : « Comixology ne s’arrêtera pas avant que chaque habitant de la planète ait été converti en fan de bande dessinée. » Rien que ça…

Mais je vous rappelle qu’avant toute offre légale, les principaux vecteurs d’exportation de la BD francophone vers le nouveau continent sont les teams pirates, qui traduisent les albums franco-belges dans la langue de Shakespeare. Et le monde anglo-saxon n’est pas le seul : il existe également de nombreuses teams de traduction dans les pays de l’Est comme la Pologne, la Serbie, Roumanie ou la Russie.

Les éditeurs français doivent-ils suivre l’exemple de Delcourt, et mettre leurs catalogues en version française sur comiXology ?

ComiXology est une arme à double tranchant : d’un côté, cela va permettre d’exporter la BD francophone dans le monde entier ; mais de l’autre, cela va offrir à comixology un monopole, tout comme Google avec son moteur de recherche, ou Apple avec i-tunes et l’Apple store.

Il est évident que comiXology peut être séduisant pour les petits éditeurs et même pour les auteurs français – qui proposent du comics, de la BD franco-belge ou même du manga français : c’est la promesse d’une porte grande ouverte sur l’international à travers une vente exclusivement numérique, sans passer par les canaux de diffusion du papier.

Cette perspective est séduisante certes, mais serait assez dangereuse pour l’avenir de la BD papier… Les professionnels de la BD nous disent d’un ton rassurant : « Mais non, la BD numérique ne remplacera pas les BD papier ». Dans la réalité, pour l’instant, toutes les actions que je vois vont dans le sens contraire. Petit à petit, certes, mais sûrement…

On nous a gavés avec l’exception culturelle française. Il serait peut-être temps de l’affirmer enfin, cette exception fantasque. Heureusement que pour l’instant, c’est le contraire qui se passe : la BD numérique a un rôle de découverte qui débouche souvent sur un achat de papier.

Il serait judicieux de creuser un plus cette voie au lieu de creuser un gouffre entre les deux supports…

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